No Gazaran en cours de production

No Gazaran

Un film de Doris Buttignol
et Carole Menduni

« Nos générations se trouvent confrontées
à cette mutation culturelle immense,
qui est d’adapter l’énergie de l’humanité
à la finitude du monde. »

Hervé Kempf, journaliste-écrivain

bande annonce

Fiche technique

Documentaire de création
Durée
90 mn Support de tournage HD

Lieux de tournage
France ; Belgique ; Canada ; États-Unis ; Bulgarie
Langues de tournage français, anglais

Réalisation Doris Buttignol et Carole Menduni
images
Doris Buttignol, Carole Menduni, Samuel Sagon- Thorsten Künish
Son
  Doris Buttignol, Carole Menduni, Mathieu Quillet
Montage
: Emmanuelle Zelez, Doris Buttignol, Carole Menduni

Une co-production Brasseurs de Cage, films du Zèbre, Lardux Films
Production déléguée Marc Boyer- Lardux Film

Distribution Patrick Sibourd, Nour Films

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Note d'intention

Cela fait maintenant plus de deux ans que nous filmons l’affaire du gaz de schiste en France et au niveau européen. Nous avons rencontré la plupart des acteurs impliqués dans ce dossier : le ou les mouvements d’opposition car les tendances sont diverses, les élus locaux, régionaux, européens, les experts juriste, hydrogéologue, médecins, toxicologues, ingénieurs.

L’ensemble des informations que nous avons collectées depuis l’hiver 2011 représente environ une centaine d’heures d’enregistrements. Ce qui ressort de cette investigation est une interrogation du processus démocratique. Qui décide du bien commun, de ce qui est bénéfique pour la communauté. Qui assumera les conséquences de ces décisions?

Dans cette controverse, les décideurs n’ont pas eu à prouver que ce projet est bénéfique et approprié pour la collectivité. À contrario, ce sont des citoyens et des élus locaux qui ont eu la charge de la preuve, c’est à dire réunir les informations pour tenter d’éclairer la population de la nature des bénéfices/risques.

C’est cette histoire que nous voulons raconter.

Dans l’affaire du gaz de schiste, la difficulté d’accès à des informations claires, une certaine récupération politique, le climat général de crise sont autant d’obstacles à la claire compréhension des enjeux par le grand public. L’objectif que nous poursuivons avec ce film est d’en proposer une mise en lumière. Au départ, nous nous sommes investies dans ce projet car nous vivons nous mêmes sur un territoire concerné. Nous sommes d’abord parties du terrain, des gens en essayant de comprendre qui ils étaient et ce qui a été déclencheur pour eux.

Les opposants au gaz de schiste n’ont pas le profil classique de la revendication militante. Ils sont artisans, enseignants, de profession libérale, agriculteurs, d’âges divers. Leurs opinions politiques sont variées, beaucoup d’entre eux précisent qu’ils ne sont pas écologistes. En fait ce qui les relie est un exercice de la citoyenneté qui se rapproche de ce que Stéphane Hessel avait appelé l’indignation.

À partir de là nous avons décidé de mener une enquête à différents niveaux pour nous appuyer sur des faits permettant de décrypter les véritables enjeux géostratégiques, environnementaux, financiers et sociétaux. De notre point de vue, l’avènement de cette nouvelle énergie fossile est révélateur d’une mutation profonde et importante : nous arrivons au terme d’une époque d’abondance et de consumérisme triomphant, qui n’a été possible que par l’accès à une énergie peu chère et considérée sans limites. Aujourd’hui la donne a changé : on comprend que les ressources fossiles ne sont pas inépuisables, on comprend aussi que celles qui existent sont confisquées par une poignée de multinationales qui règnent sans partage sur la planète.

Pour nous il s’agit bien sûr de donner à comprendre la nature et la gravité des risques évalués à partir du retour d’expérience américain mais également de resituer dans quel contexte sont arrivés les gaz de schiste.

La question du peak oil est remise en question temporairement par les gaz et les huiles non conventionnels, dans une civilisation qui n’a pas conscience qu’elle est fondée sur l’énergie abondante et bon marché. Ce qui explique comment ça été considéré quasiment comme un cadeau divin de la part des industriels américains et ça continue à être vu comme ça y compris dans la plupart des pays européens.

La raison d’être du film est de témoigner de ces questions, il nous semble essentiel de rendre compte de ce que nous avons vu et entendu.

Synopsis

Au départ il y a une plongée dans le monde sous terrain, là où se sont formés les hydrocarbures il y a des millions d’années. Dans les entrailles de la terre, habitée de formes mystérieuses, l’eau ruisselle.

Retour au début de la mobilisation citoyenne : en février 2011, 20 000 personnes se rassemblent sur le plateau ardéchois. Ils dénoncent  des méthodes d’un autre âge : opacité sur la signature des permis,  aucune consultation de la population ni des collectivités locales, mise en danger d’un mode de vie, d’une économie locale basée sur une relation respectueuse du territoire.

Cette émotion est-elle justifiée ? Qu’est-ce qui est de l’ordre de la menace avérée et qu’est ce qui est de l’ordre du fantasme ?
L’enquête démarre à Bruxelles avec la première réunion sur le sujet convoquant experts et représentants de la société civile. Le clivage est immédiat entre une majorité de conservateurs sensibles à l’argument économique et les opposants inquiets du manque de fiabilité de la technique d’extraction qui invoquent le principe de précaution.

Sur les territoires concernés des gens en colère, se réunissent, s’organisent, s’informent, agissent.
Ils s’entourent d’experts indépendants, s’attachent à comprendre les tenants et les aboutissants de ce dossier explosif. Des élus relayent, prennent des arrêtés municipaux, font remonter les choses  dans les rouages de l’appareil gouvernemental qui s’emballe.
Sous la pression et à la veille de la campagne des présidentielles, une loi est votée en urgence sur une proposition du sénateur UMP Christian Jacob (Seine et Marne).

La mobilisation n’est pas la même partout : dans le sud est, une tradition de résistance, un attachement fort au territoire fondent le noyau de la contestation et génère un modèle d’organisation politique.

En Seine et Marne, pour les habitants habitués à l’industrialisation du paysage dans lequel ils vivent, la prise de conscience ne se fait pas sur les mêmes enjeux que dans le sud est. Pourtant l’inquiétude est palpable: les nappes phréatiques souterraines alimentent une grande partie du bassin parisien. C’est l’eau encore une fois qui mobilise, dans cette région d’agriculture intensive.

Une délégation de scientifiques, d’élus et de citoyens vont en Pennsylvannie sur les lieux d’exploitation pour recueillir leurs propres données. Parmi eux, André Picot, toxicologue dont le rapport est transmis aux membres du gouvernement Sarkozy puis Hollande.

Le retour d’expérience américain est abordé dans son aspect environnemental, sanitaire, juridique et économique.

L’impact de la mobilisation citoyenne française pèse sur Europe et même plus loin. D’autres pays tentent de s’organiser face à la même menace. Début 2012, la Bulgarie interdit à son tour l’exploration et l’exploitation des gaz et huile de schiste par fracturation hydraulique.

Les industriels comprennent qu’ils ne pourront pas lancer l’exploitation en Europe contre l’avis des populations et changent de tactique : il s’agit à présent de convaincre les opinions publiques. Une exposition pro gaz de schiste est  présentée dans l’enceinte du parlement européen de Strasbourg provoquant la colère des eurodéputés défavorables à l’exploitation en Europe.

Entretemps le mouvement citoyen s’est doté d’un solide argumentaire scientifique, économique et écologique mais peine à faire le poids face aux géants de l’industrie qui brandissent l’argument de la réindustrialisation alors que l’Europe subit de plein fouet une récession économique très dure.

Bien que la Banque Mondiale elle-même lance un sévère avertissement aux états membres sur le réchauffement climatique, le débat sur l’énergie fait du sur place en France. Le gouvernement Hollande qui succède à celui de Sarkozy, émet des messages contradictoires sur ce dossier.

Les collectifs restent mobilisés mais l’opinion publique a le sentiment que l’affaire est réglée. Les industriels dont les permis ont été abrogés fait appel de la décision en justice. Dans le sud est, les citoyens se forment à la désobéissance civile. Le journaliste-essayiste Hervé Kempf analyse le rapport de force inquiétant entre une société civile qui ne croit plus aux vieilles promesse d’industrialisation et un appareil politique oligarchique obligé de recourir à des moyens de répression de plus en plus conséquents pour masquer la faillite d’une gouvernance à la solde des marchés financiers.

Des nouvelles inquiétantes arrivent des Etats Unis: une des plus grosses firmes exploitantes est en faillite, la bulle spéculative serait de la même ampleur que celle de la crise financière de 2008. Au début de l’été 2013 la ministre de l’environnement Delphine Batho, débarquée du gouvernement, déclare avoir été limogée à la demande des industriels du gaz de schiste.

La bataille du gaz de schiste ne fait que commencer, elle va se dérouler au moins sur la décennie à venir à moins que n’éclate la bulle spéculative outre atlantique. En France, son issue reste incertaine. Comment le mouvement citoyen éclaté géographiquement, sans véritable identité nationale pourra - t’il faire barrage au poids du lobby de l’industrie pétrolière ?

Alors que le sud est reste fortement mobilisé, les foreuses arrivent en Seine et Marne. A la fin de l’été 2013 le réalisateur Josh Fox vient à Villeneuve de Berg, là où la mobilisation citoyenne a démarrée pour rendre hommage aux militants du sud est.

Les témoins

Claude Pradal,  Maire de Villeneuve de Berg (Ardèche)
Fabien Vallee,  Conseiller municipal Jouarre (Seine et Marne)
Oliviers Alers,  Fondateur et président de l’association « Touche pas à ma roche-mère » (Aisne)
Michele Rivasi,  Eurodéputée, EELV, France
Reinhard Bütickofer,  Eurodéputé, Green Party, Allemagne
Jose Bove,  Eurodéputé, EELV, France
Andrzej Kassenberg,  Institut of sustainable development, Varsovie, Pologne
Michaël Schultz,  Fonctionnaire de la commission énergie du parlement européen, allemand.
Sonik Bugoslaw,  Eurodéputé, Parti Populaire Européen, Pologne
Josh Fox,  Réalisateur des films Gas Land 1 et 2
Maitre Muriel Bodin,  Juriste, France
Herve Kempf,  Journaliste (le Monde, reporterre) et essayiste- Paris
Jean Louis Chopy,  Porte parole du collectif 07 stop au gaz de schiste
Professeur Andre Picot,  Toxicologue, Paris, France
Ray Kemble,  Résident de Dimock (Pennsylvanie)
Craig Sautner,  Résident de Dimock (Pennsylvanie)
Vera Scroggins,  Citizen for Clear Water, Susquehanna County (Pennsylvanie)
Andre Fortier  Porte parole du regroupement interregional de la vallée du St Laurent (Québec)
Professeur Alain Ducroux,  Chirurgien, écotoxicologue, la Ferté sous Jouarre  (Seine Maritime).
Isabelle Levy,  Journaliste, membre du collectif de la Ferté sous Jouarre (77)
Corinne Morel Darleux,  Conseillère régionale et membre de la commission gaz de schiste de la région Rhône-Alpes.
Robert Pili,  Consultant international énergies propres et recyclables, porte parole du collectif Nord Isère (38 Isère)
Rebecca Harms,  Eurodéputée, Allemagne, Green Party
Corine Lepage,  avocate, eurodéputée.
Paul Nuttal,  Eurodéputé (UK) UK independant party
Bertrand Demont, Président Hess Oil France.
Claude Munnier,  Président de l’association des usagers de l’eau ( Jouarre, 77)
Delphine Batho,  Ex ministre de l’environnement, députée
Christine Lecque, Collectif Carmen
Michel Mariton,  Collectif 07 Stop au gaz de schiste
Guillaume Vermorel,  Collectif 07 Stop au gaz de schiste

No Gazaran

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